Après plus de 35 ans d'absence et plus de 100 millions d'albums vendus à travers le monde, les pères fondateurs du Heavy métal sont de retour ! 13 , nouvel opus de Black Sabbath est l'album de la reformation. Il s'agit du premier réunissant Ozzy Osbourne, Tony Iommi et Geezer Butler depuis 1978. Brad Wilk de Audioslave pallie l'absence de Bill Ward à la batterie. Produit par le mythique Rick Rubin, cet album promet de faire du bruit à tous les niveaux. Pour vraiment marquer ce retour, le groupe nous propose son album en 4 éditions (CD standard, CD Deluxe, LP, Box Deluxe)
Edition originale : P 1980. Lancée en 1979 par "Overkill", et poursuivie par "Bomber" la même année, la trilogie des albums incontournables de Motörhead se voit complétée dès 1980 par un "Ace Of Spades" qui va lui aussi marquer l'histoire du Hard-Rock. Dès sa pochette, cet opus est exceptionnel. En effet, Snaggletooth (l'icône et mascotte du groupe) n'apparaît exceptionnellement pas, et laisse sa place au trois membres du groupe déguisés en pistoleros posant au milieu d'un désert qui se révèlera n'être en fait qu'une carrière du Nord de Londres. Pourtant, la recette de Lemmy et sa bande reste la même. Ce dernier attaque sèchement sa Rickenbacker à grands coups de médiator, suivi par la batterie tachycharde de Phil "Animal" Taylor, et alors que "Fast" Eddie Clarke lance son riff ravageur, nous savons déjà à quelle sauce nous allons être mangés dès les premiers accords d'un titre éponyme introductif et légendaire. La locomotive est déjà chauffée à blanc et tout se qui se mettra sur son chemin sera piétiné sans pitié. Comme à son habitude, Motörhead colle le pied au plancher, et tout le monde en redemande alors qu'à la manière d'un AC/DC, la recette ne bouge quasiment pas d'un album à l'autre. Bien sûr, le trio s'offre quelques originalités comme sur le solo d'un "(We Are) The Road Crew" qui rend hommage à l'équipe technique qui l'accompagne sur les routes. En effet, pris d'un fou rire, Clarke est obligé de s'interrompre et déclenche un larsen qui sera cependant gardé, preuve de l'intégrité du groupe, tout comme l'intro recommencée d'un "Bite The Bullet" immédiat et plein de cette énergie punk qui caractérise en partie la musique de Motörhead. Car elle est là l'arme fatale du combo britannique: ces gars vivent leur musique avec intensité et authenticité, et tout cela transpire de chacun de leurs titres pour empêcher toute trace de résistance. Sur ce "Ace Of Spades", la majorité des titres déboule à un rythme soutenu comme sur le cinglant "Fire Fire" ou le contestataire "Jailbeat" avec sa double-pédale et son riff aux légers accents de "School's Out" d'Alice Cooper, mais lorsque le tempo ralentit, cela ne se fait jamais au dépend de l'efficacité ("Shoot You In The Back"). Les refrains continuent de claquer ("Fast And Loose") et le combo en profite même pour rendre hommage à ses groupies avec un "The Chase Is Better Than The Catch" plus mid-tempo et délivrant sa recette de la séduction selon Lemmy, avant de clôturer la course avec "The Hammer", dernière salve rapide et cinglante. Après avoir abandonné toute forme de résistance et avant de presser à nouveau le bouton PLAY, nous prendrons le temps de reconnaître à "Ace Of Spades" le statut d'album culte, celui qu'on accorde à ces œuvres qui marquent l'histoire d'un courant musical et imposent l'identité d'un artiste. Il sera désormais impossible d'envisager le Hard-Rock sans la gouaille, la bouteille de Jack Daniel's, le paquet de clopes et les santiags blanches de Lemmy, et sans l'énergie punk, le son graisseux et la puissance d'interprétation de Motörhead. Ce n'est d'ailleurs pas par hasard si "Ace Of Spades" atteindra la quatrième place des charts anglais !
Ce groupe suédois joue du death métal et le prouve dans un documentaire de 30 minutes, présent sur le dvd.
Edition originale : P 1981. "Killers" fait date car non content de tenir encore et toujours la dragée haute aux meilleures productions du groupe, son caractère atypique, chaleureusement rock et sévèrement burné en fait un indispensable d'une discographie qui accumulera volontiers les titres épiques au détriment de l'efficacité primaire d'une "Purgatory" (3:20), "Wrathchild" (2:54) ou encore "Genghis Khan" (3:06). Mais ce qui prend toujours aux tripes lorsqu'on arpente à nouveaux ces rues sombres pavées de mauvaises rencontres (superbe artwork de Derek Riggs), c'est encore cette magnifique "Prodigal Son", qui conserve un pied dans le proche passé et sur laquelle Paul Di'Anno semble possédé, touché par la grâce.
Edition originale : P 1984. Alors que le monde de la musique est à l’époque en train de vivre des changements sans précédents dans son histoire, Deep Purple, tel le phénix, renaît de ses cendres, après huit années d’absence. Lâchant des formations de renom telles que Black Sabbath, Rainbow ou Whitesnake, les membres du Purple Mark II reprennent les hostilités là où ils les avaient laissés en 1972 avec « Who Do We Think We Are ». Finie la période 'soul' Coverdale/Hughes, fini également le Hard façon « In Rock » ou la Maestria d’un « Machine Head ». Deep Purple ne regarde pas en arrière et se base sur ses acquis et sa maturité pour nous proposer une nouvelle formule : un rock mélodique, teinté de Rythm And Blues et garni de paroles parfois très fun de Gillan, une rythmique forte possédant un groove inégalé, un orgue hammond omniprésent et un guitariste déjà dans la légende. Doté d’une pochette agréablement sobre, "Perfect Strangers" démarre par l’énorme « Knockin’ At Your Back Door ». On y retrouve chaque élément de la formule listée plus haut. L’intro clavier/basse et le rythme enlevé nous entraîne sur 7 minutes dans un rock dynamique et enthousiasmant. L’autre hit est le célébrissime « Perfect Strangers », titre lourd et mystique, dominé par la ligne de clavier de Lord. Le chant de Gillan y est une fois de plus envoûtant et nous happe à chacune de ses interventions. D’autres titres, n’ayant pas tous eu l’occasion de briller en live, sont tout aussi méritants. « Under The Gun » est un rock très énervé et inspiré sur lequel Blackmore maltraite sa Fender comme à l’époque d’ "In Rock". Le riff de « Nobody‘s Home » rappelle fortement « Lay Down Stay Down » mais, plus calme, il renforce son efficacité. Le néoclassique « Gypsy’s Kiss » nous replonge dans la période bénie des « Highway Star » et « Wasted Sunset », « We All Came Out To Montreux » résonne de nouveau dans un « Hungry Daze » autobiographique, qui possède, avec son riff de clavier une gravité à la « Battle Rages On ». Seul « Mean Streak » semble passer un peu à côté avec un style assez différent des habitudes du groupe. Vous l'aurez compris, vous avez affaire à un album tout bonnement indispensable dans la longue carrière de Deep Purple. D'autant que côté bonus, le groupe a ajouté un « Not Responsible » nerveux et sombre et un « Son Of Aleric » dantesque, sorte de jam instrumentale de 10 minutes, toute en feeling, faisant la part belle aux jeux de Blackmore et Paice. Ce titre est un grand moment musical, à ranger pas loin d’un « Child In Time », pour peu que l’on y adhère. Incontournable ! -
10 ans après leur dernier album Liebe Ist Für Alle Da, le mythique groupe de métal industriel allemand Rammstein revient avec un nouvel opus. Produit par Olsen Involtini et Rammstein. Connus pour leur son inimitable et leurs concerts qui multiplient les effets pyrotechniques, les 6 membres du groupe reviennent en force avec un premier titre extrait de l'album "Deutschland" .
Edition originale : P 1978. Certains albums doivent être replacés dans le contexte de l’époque à laquelle ils sont sortis, sous peine de ne pas comprendre pourquoi ils ont eu une telle importance. C’est le cas de ce premier album de VAN HALEN qui, écouté aujourd’hui, est un disque sympa qui vieillit plutôt bien, merci pour lui. C’est énergique, fougueux même, mais en 2020, est-ce vraiment étonnant ? Non, certainement pas. Mais ceux qui étaient là en ce début d’année 1978 doivent encore avoir les yeux qui brillent quand on évoque le premier effort du groupe. Ou quand un petit combo de Pasadena, Californie, allait changer la face du Hard Rock. Il faut bien se rendre compte qu’à la fin des années 70, entre 77 (l’avènement du Punk qui, mine de rien, avait quand même changé pas mal de choses) et 1980, ceux que l’on nommait déjà les dinosaures du Hard Rock connaissaient pour la plupart une période de flottement. En Europe, DEEP PURPLE avait déjà rendu les armes après "Come Taste The Band", BLACK SABBATH perdait son public dans les expérimentations et LED ZEPPELIN entrait dans sa période la plus sombre. Aux USA, BLUE öYSTER CULT, AEROSMITH, ALICE COOPER, KISS ou encore KANSAS entraient dans une phase de déclin plus ou moins prononcé après avoir tutoyé les sommets. Le constat était simple, mais terrible : le Hard Rock n’avait plus rien d’excitant et les groupes qui émergeaient, qui parvenaient à tirer leur épingle du jeu proposaient quelque chose de différent, plus brut de décoffrage, plus violent. Et subitement, VAN HALEN allait à nouveau rendre la guitare excitante. C’est ça le véritable point pivot. Parce qu’au final û et c’est ça qui donne du piment à l’ensemble û les influences des gars de VAN HALEN ne sont pas franchement différentes de celles des musiciens des groupes qui les ont précédés. Mais un petit peu de chance, du talent et de la persévérance font que VAN HALEN a su saisir les bonnes opportunités. La chance a ici la tronche de Gene Simmons. Ouais, je sais, ce n’est pas forcément à lui que l’on pense quand on évoque Dame Fortune, mais c’est lui qui, assistant à un show de la formation, va les aider à enregistrer une première démo. Puis de fil en aiguille, à force de donner des prestations dantesques au Whisky A Go Go, les musiciens vont finir par signer un contrat pro non pas chez Casablanca, mais directement chez Warner, excusez du peu. Et pour ne rien gâcher, Ted Templeman va les prendre sous son aile. Pour beaucoup, ce non est indissociable des premiers albums de VAN HALEN, mais il a également produit le premier opus de MONTROSE, groupe dont le guitariste était en avance sur son temps et aura raté le coche de la gloire. Et Templeman va faire jouer les musiciens en live pour capter toute sa puissance, quitte à rajouter quelques overdubs par-ci par-là histoire de booster l’ensemble et en aucun cas arrondir les angles. Vous voyez la pochette ? Elle représente assez bien ce qu’est ce disque, son ambiance électrique unique, ainsi que sa moiteur, sa chaleur étouffante ainsi qu’une bonne dose de bonne humeur. Dès "Runnin’ With The Devil", nous sentons que ce groupe a quelque chose de différent. Pourtant, le titre est assez lent, mené par un chanteur qui a de la gueule. David Lee Roth n’est pas forcément un grand vocaliste, mais il a une présence, un charisme monstrueux et sur ce disque, il livre une prestation XXL, d’une sexualité débridée. Des chœurs l’encadrent, plutôt bien foutus, loin de ce que produisent QUEEN ou URIAH HEEP, l’idée n’est pas d’aller vers le grandiose, mais de renforcer certains passages et d’aller droit au but. Mais c’est surtout le solo qui attire l’oreille : court, rapide, vertigineux. Et sur "Eruption", nous avons la confirmation de l’avènement d’un talent de la guitare : Eddie Van Halen. Vous connaissez certainement l’histoire qui tourne autour de cet instrumental ? Eddie avait l’habitude de le jouer en studio pour s’échauffer les doigts avant d’attaquer les morceaux, avec cette technique de tapping qu’il n’a en aucun cas inventé, mais qu’il a contribué à populariser. Templeman, abasourdi, aurait alors insisté pour que ce solo de près de deux minutes termine sur l’album, contribuant à forger la légende de VAN HALEN. Quoiqu’il en soit, "Eruption" fait toujours son petit effet et quand il le jouait sur scène, le guitariste d’origine batave tournait le dos au public pour que personne ne voit sa technique. Ah ! La technique ! Un mot qui n’est pas toujours le bienvenu quand elle s’impose au détriment du feeling. Et de la technique, les musiciens en ont. Alex Van Halen, le frère aîné d’Eddie, possède un jeu de batterie très efficace, aussi à l’aise sur des tempi lents que sur des passages plus enlevés. Associé à Michael Anthony, il forme une section rythmique redoutable. ça groove plutôt bien, que le groupe se montre résolument Rock ou qu’il lorgne plus vers le Blues. Ajoutez à cela un guitariste qui s’amuse comme un fou et qui transmet cette folie dans la musique développée sur disque ("Atomic Punk") et forcément, vous obtenez une formule électrique. Et sur ce premier essai, VAN HALEN tape juste systématiquement. "You Really Got Me" des KINKS ? Le groupe en fait son affaire, s’appropriant entièrement ce morceau avec toutes ces petites interventions d’Eddie tout du long qui viennent lui donner du mordant. C’est fiévreux à souhait, c’est galvanisant. Et les perles s’enchaînent, les unes après les autres, avec une facilité plus que déconcertante. Le disque est très ramassé, un peu plus d’une demi-heure, mais il n’y a absolument pas de superflu. Les fulgurances d’Eddie laissent littéralement sur le cul, personne ne jouait comme lui à ce moment et il se montre parfaitement à l’aise quel que soit le registre approché. Il est difficile de passer à côté "Ain’t Talkin’ ‘Bout Love", monstrueuse d’efficacité, explosive à souhait, avec un David Lee Roth impérial. "Atomic Punk" laisse encore éclater toute la technique d’Eddie qui n’en oublie pas ce foutu feeling, "On Fire" offre une vision plus Heavy de VAN HALEN, abrasive à souhait quand "Little Dreamer" dévoile une toute autre facette du groupe, plus mélodique et intimiste û même si le terme n’est pas forcément celui qui est le plus à même de décrire cette impression de douceur qui s’en dégage. Eddie et son frère ont des goûts assez classiques, ils ont écouté beaucoup de vieux Rock, du Blues et leur musique n’est que leur interprétation de leurs influences : digérées et magnifiées. D’ailleurs une seconde reprise s’est invitée sur ce disque. Il s’agit de "Ice Cream Man", un Blues de John Brim - pour une fois ce pauvre Willie Dixon n'est pas pillé ! - qui voit le combo alterner entre la guitare acoustique et l’électrique. Mais là, pour le coup, c’est David Lee Roth qui s’illustre, son chant gagnant en profondeur, à la fois respectueux mais salement pervers. Dans sa bouche, les paroles prennent forcément leur sens le plus salace et les sous-entendus ne manquent pas ! Ce morceau est souvent décrit comme étant le maillon faible du disque, mais il n’est pourtant pas à négliger, loin de là. Et des mauvais titres ? Il n’y en a pas ici, tout juste si "Feel Your Love Tonight" est un peu plus quelconque après que le groupe nous ait atomisé la tête avec les morceaux qui le précèdent. Bien sûr, je vous ai raconté tout cela comme si je découvrais l’album en 1978, un an avant ma naissance. Mais il n’est pas difficile de se plonger dans le passé et de replacer ce disque dans son contexte. De gratter un peu dans ce qui se passait autour à ce moment dans le petit monde du Hard Rock pour arriver à des conclusions assez simples. Si j’avais dû vous en parler quand je l’ai découvert au début des années 90, j’aurais été un peu moins enthousiaste - ce besoin de sensations fortes. à vingt piges, j’aurais eu les yeux qui brillent en l’évoquant. Ce premier essai de VAN HALEN est un coup de maître et ils ne retrouveront jamais la candeur qui le caractérise et qui fait énormément pour son charme. Ils ne referont jamais aussi bien, mais le pouvaient-ils seulement ? La messe est dite et Eddie allait faire de nombreux émules, qui allaient penser la guitare autrement et faire progresser tout un genre vers quelque chose de plus large, plus festif, plus intuitif même. Un peu plus de dix ans après "Are You Experienced?", Eddie Van Halen devenait à son tour une référence pour de nombreux jeunes qui porteront son héritage, aujourd’hui plus que jamais.