Alors qu'ils avaient l'habitude de se limiter à produire ce qu'ils étaient capables de reproduire sur scène, sur cet album, cette limitation a, cette fois, été ignorée. De même, à la différence des albums précédents, 7 n'a pas de producteur au sens traditionnel du terme. Sonic Boom (Peter Kember) de Spacemen 3 a joué un rôle primordial sur cet album en refusant les conventions ce qui a permis de produire un son vivant, frais et protégé des problèmes de productions surchargées s'acharnant à atteindre la perfection. Le batteur James Barone à qui Beach House fait confiance depuis 2016, a joué sur l'intégralité des titres, apportant son aide afin de mettre le rythme au coeur de plusieurs de ces morceaux.
4AD confirme son excellent début d’année avec « In A Poem Unlimited », le puissant septième album de U.S. Girls. Pur accomplissement dans sa dimension la plus succincte, moins de quarante minutes suffisent à Meghan Remy pour faire bouillonner son art pop de manière plus confiante que jamais, afin d’en extraire une révolte esthétique et politique.
A la fin de l'année 1966, les Beatles s'installent quasiment à plein temps dans les studios EMI d'Abbey Road, et ils vont en exploiter toutes les possibilités
Le quintette de Brighton continue son entreprise de domination des charts anglais avec un troisième album mêlant avec habilité une énergie rock toute britannique et un raffinement mélodique que ne renierait pas RADIOHEAD.
2012 aura été l'année de Lana Del Rey. Passé le phénomène Video Games, Lana Del Rey a imposé son univers avec des titres toujours plus forts comme Born To Die, Blue Jeans, National Anthem à l'ambiance retro-moderne envoûtante servie par des clips toujours plus évènementiels. Après avoir tourné aux US et en Europe cet été (Eurockéennes de Belfort), Lana Del Rey revient avec 8 nouveaux titres qui viennent garnir l'album Born To Die. On y retrouve Blue Velvet, le titre de la campagne mondiale H&M dont Lana est la nouvelle égérie, Burning Desire, titre de la compagne mondiale Jaguar pour laquelle Lana a composé ce titre et surtout Ride, le tout nouvel extrait produit par Rick Rubin. Encore une fois la magie est au rendez vous, avec même une surprise : le titre "Yayo" extrait du tout premier album de celle qu'on appelait encore Lizzy Grant à l'époque, dans une version retravaillée et tout simplement magnifique. Born To Die - The Paradise Edition sera sans aucun doute LE disque indispensable de la fin de l'année.
Dès les premières secondes de « Sleeping On My Own », on frissonne d’emblée. On retrouve l’indie pop nostalgique et ensoleillée sentant bon les années 1990 de la part de Beach Fossils où Dustin Payseur semble jeter un coup d’œil dans le rétroviseur afin d’aller de l’avant. Et cela s’entend parfaitement avec des ritournelles mélodiques et rêveuses telles que « Run To The Moon » qui suit ou bien encore « (Just Like The) Settling Sun » et « Anything Is Anything ». Les guitares cristallines et l’interprétation somptueuse de Dustin Payseur répondent présent et ce pour notre plus grand plaisir. Beach Fossils enfonce le clou avec de splendides trouvailles à l’image de « Feel So High » ou de « Tough Love » claires comme l’eau de roche avant que « Seconds » ne prenne des relents de DIIV période Oshin. Petit à petit, la mélancolie prend le pas avec « Numb » et « Waterfall » prouvant que Beach Fossils est adepte de la force tranquille avec ce Bunny qui est en quelques sortes le disque de la renaissance artistique de la part d’un des groupes les plus influents de la décennie des années 2010.
Edition originale : P 1976.
Edition originale : P 1974. En 1974, SUPERTRAMP n’a jamais aussi bien porté son nom : le groupe monté autour des talents conjugués de Roger Hodgson et de Richard 'Rick' Davies existe depuis 5 ans et se relève difficilement des échecs de ses deux premiers albums. Les membres en sont réduits à des tournées et à des concerts un peu minables, qui leur laissent à peine de quoi vivre décemment. Mais pour leur troisième album, le miracle se produit : le line-up du groupe, tout d’abord, s’étoffe avec les arrivées successives de Dougie Thomson à la basse, de Bob Siebenberg à la batterie, et enfin de John Helliwell au saxophone (plus de multiples autres casquettes, notamment sur scène). Au-delà d’être d’excellents musiciens, ces trois nouveaux membres apportent au groupe leur enthousiasme et leur optimisme, dont les deux leaders avaient bien besoin après des années de galère. Et, cerise sur le gâteau, les dirigeants d'A & M Records croient tellement dans les nouvelles compositions, qu’ils laissent au groupe le loisir de peaufiner leurs bijoux durant 5 mois en studio avec l’aide de Ken Scott. Ce dernier est un producteur à succès ayant à son tableau de chasse la participation à des albums des BEATLES, de PINK FLOYD ou encore de David BOWIE (excusez du peu). Le résultat dépasse les espoirs les plus fous de ceux qui avaient misé sur SUPERTRAMP, tant l’album s’avère grandiose. Commençons par cette extraordinaire pochette et le formidable paradoxe de l’être derrière des barreaux au cœur d’un espace infini. Cette image illustre à merveille les thèmes abordés dans l’album et la vision du groupe sur la condition humaine ; tout semble à portée de main mais il y a toujours quelque chose qui empêche l’homme de réaliser pleinement ses rêves : le système éducatif, les privilèges liés à la naissance, les règles sociales. Seule échappatoire : la fuite, le repli sur soi ou la folie. Autour de ces thèmes forts, Hodgson et Davies composent 8 merveilleuses chansons et donnent vie à ce Crime du siècle qui continue à nous enchanter 50 ans plus tard. Avant d’entrer dans le détail, arrêtons-nous sur le son de l’album, absolument prodigieux. L’extrême maniaquerie et le professionnalisme de Ken Scott ont poussé chaque musicien dans ses retranchements ; aucun détail n’est laissé au hasard, notamment les sons ambiants qui participent si bien à des morceaux comme "School" ou "Rudy", les cordes magnifiquement agencées par Richard Hewson ou encore le son de la section rythmique. Le résultat d’ensemble est d’une cohérence et d’une perfection insurpassables, depuis le visuel jusqu’au moindre détail sonore. Tout commence avec le célébrissime thème à l’harmonica (clin d’œil classieux à Ennio MORRICONE), et la guitare puis le chant de Roger qui attaque le morceau "School". La magie nous saisit immédiatement alors que nous prenons conscience de l’immense espace sonore qui nous accueille et que le voyage commence. Vient la montée en tension, les voix d’enfants dans la cour de l’école, le magnifique solo de piano de Rick dans un registre Jazz Blues du meilleur effet, et les fameux vocaux croisés des deux leaders avant la superbe fin. Il est très difficile de ne pas évoquer chaque titre en détail, tant ils sont tous d’une richesse extrême. "Bloody Well Right", chanté par Rick, commence comme un morceau de piano blues, avant de frayer avec le Hard-Rock grâce à la guitare si expressive de Roger et de nous achever avec un refrain entêtant. Dans "Hide In Your Shell", Roger se livre comme jamais derrière son orgue Wurlitzer, pour une superbe composition à tiroirs dans laquelle tout est parfait : le son de basse, la montée des chœurs, les interventions de John au saxo et la dynamique insufflée par la batterie. "Asylum" est un chef-d’œuvre d’intensité et d’émotion orchestré par le piano de Rick qui se surpasse dans son interprétation de la folie, alors que "Dreamer" est le tube imparable préfigurant tous les autres, et que "If Everyone Was Listening" constitue une superbe balade à la mélodie prodigieuse. Il nous reste les deux plus belles compositions de Rick, peut-être de l’album : "Rudy" est la plus progressive et probablement ma préférée tant son ambiance et ses mélodies sont saisissantes, profondes et immortelles ; "Crime of the Century" vient majestueusement clôturer l’album : Rick crie sa colère puis la transcende avec les huit célébrissimes notes qui nous font voyager tellement loin et dans un monde d'une grande beauté. Que dire de plus de cette œuvre ? Les astres étaient parfaitement alignés pour permettre à nos surdoués de réaliser enfin pleinement l’intégralité du potentiel qu’on leur prêtait depuis de nombreuses années. Tout ce que fera SUPERTRAMP par la suite, et dieu sait s’il a encore réalisé de grandes choses les années suivantes, ne parviendra plus à atteindre le niveau de perfection tutoyé lors de cette formidable année 1974 et de ces cinq mois magiques. Selon moi, en plus d'être un de mes albums de chevet, cet enregistrement est une des plus grandes œuvres de musique populaire qui ait été réalisée. Chapeau bas à nos cinq clochards !
Plus envoûtant que jamais, Asaf Avidan continue d'épancher sa sincérité écorchée et exulte en douceur à travers ce nouvel opus, "bande-son d'une qualité troublante, une pulsation décharnée au service d'une voix à la séduction irradiante". Artiste en mutation permanente, Asaf Avidan annonce avec "Different Pulses" un des albums les plus passionnants du début 2013.